Voici le résumé de mon intervention du 11 mars et des débats qui ont suivi. C’était lors de l'after-work Ma Marque à Moi à la Brasserie du Printemps, boulevard Haussmann à Paris. Le thème du jour était le référencement, appliqué à soi-même. Photo © Laurence Garçon
1 - Les choix préalables
Quelle identité, pour faire quoi ? Avant de vouloir développer sa Marque Personnelle, il faut avoir un projet personnel ou professionnel, des objectifs, la volonté d’obtenir des résultats. Si l’on veut faire progresser sa marque personnelle, il faut avoir une idée de sa notoriété présente, des éventuels obstacles à son développement (homonymie, par exemple), des informations qui manquent, etc. Un constat, des objectifs, voilà la base. Faites une recherche sur votre prénom et nom sur Google ou yahoo, faites des impressions ou des copies d'écran des pages de résultats. Donnez vous des objectifs. Agissez suivant les thèmes qui suivent et comparez les résultats au bout de quelques jours.
2 - Mes mots clés
Il est possible de résumer en quelques mots-clés son identité, ses expertises, ses projets, ses particularités, etc. Même si c’est forcément réducteur, c’est un excellent exercice à pratiquer soi-même ou en groupe, dont les résultats serviront quand on en sera à remplir ses profils dans les réseaux sociaux, par exemple, ou pour se présenter rapidement à un interlocuteur. Bien entendu, ce sont ces mots-clés qui seront utiles pour développer son référencement sur Internet. Il est donc important de les formaliser. 3 - Mon territoire
Sur internet, on peut référencer différentes composantes personnelles qui forment son territoire :
- son nom,
- ses expertises, expression de son savoir (connaissances) et de son savoir-faire (compétences), ses activités,
- ses idées (si on les exprime, bien sûr),
- ses marques (par exemple, si on a créé un événement, si on s’est inventé un avatar sur un blog…),
- son actualité.
Le tout est de savoir avec quels outils et comment. Nous verrons cela plus loin.
4 - Mes objectifs
Les objectifs poursuivis par le référencement peuvent être divers. A chacun de se fixer son horizon. Il est important de les formaliser, de les suivre et de vérifier s’ils sont atteints.
- Publier : écrire pour être lu. Sachant que publier a différents sens. On peut publier une note, une photo, une vidéo, un statut, un lien… Vous avez le choix. Et plus vous publiez, plus vous vous référencerez.
- Diffuser : mettre à disposition des informations pour un plus grand nombre de personnes.
- Transformer des résultats : en augmentant et en ciblant la diffusion des informations qu’on publie, on peut chercher à obtenir des inscriptions à un événement, entraîner des achats, des abonnements…
- Notoriété : notion quantitative. Le nombre de personnes qui me connaissent. On peut souhaiter être connu de plus de gens, en relation avec son projet personnel.
- Réputation : notion qualitative. Ce que pensent les gens de moi. On peut influer marginalement sur cette réputation (par exemple en demandant des recommandations à ses contacts, sur les réseaux sociaux professionnels). Mais il ne faut pas leurrer ou tromper son monde : on ne change pas comme ça sa réputation. Ceux qui vous promettent ça vous racontent des histoires. Et il y a des choses moins réussies de son parcours qu’on devrait avoir le courage d’assumer… Voir l'exemple étonnant du parcours de Philippe Maurice.
5 - Ma visibilité sur Internet
La première étape du référencement personnel consiste à signifier que vous existez. Il existe différents outils pour cela
- annuaire : payants ou gratuits, ils regroupent des professionnels dans différents domaines (cherchez le vôtre). Leurs bases de données énormes, très consultées, leur donnent un poids important, et donc une visibilité accrue à ceux qui y figurent. Exemple avec le Journal du Net.
- Blog : c’est l’outil principal du marketing personnel. Quand on crée un blog, il est important de réfléchir
- au nom qu’on lui donne,
- à la description qu’on en fait (qui apparaîtra dans les moteurs de recherche)
- à son adresse internet (URL)…
Autant d’éléments qui vont influencer sur son référencement par la suite. De la même façon, quand on écrit une note sur son blog, dans une optique de référencement, il faut être attentif
- à la qualité de son contenu et de son édition,
- au titre de la page (que repèrent les moteurs de recherche),
- aux mots clés associés à la note.
- Et si l’interface le permet, il faut modifier l’adresse URL de la page, afin qu’elle contienne le ou les mots clés qui vous intéressent. Ainsi, j'ai modifié l'adresse de cette page pour y intégrer "marque personnelle outils".
- Réseau social : en ouvrant un profil sur un réseau social, vous affirmez votre présence et vous préemptez votre domaine personnelle.
- LinkedIn : très professionnel, international et avec beaucoup de services utiles en version gratuite. A préférer de loin à Viadeo, franco-français, à l’interface très pauvre et avec des services payants qui apparaissent rapidement et de façon lourdingue.
- Facebook : très utile pour se référencer car très actif. Peut avoir son intérêt, notamment pour publier certaines infos professionnelles et pour diffuser les notes de son blog
Twitter : le réseau du moment. Une fenêtre ouverte sur l’actualité et beaucoup de fonctionnalité utiles (voir plus loin. A suivre…
En agissant avec ces outils, vous verrez rapidement des évolutions
- sur vos résultats google
- avec les liens dit entrants (donc pointant vers vous) qui seront créés par ceux qui repèrent votre activité, vos écrits, vos publications, etc.
Evitez de tricher en mettant sur vos notes de blogs des mots clés différents des contenus, des textes masqués, des mots clés répétés, etc. Les moteurs de recherche repèrent ça facilement.
Vous pouvez booster les choses en achetant des mots clés (par exemple, avec Adwords, et sur Yahoo aussi) sur des thèmes qui vous intéressent. Les internautes qui tapent ces mots clés dans les moteurs de recherche auront des publicités renvoyant vers vos publications dans leurs pages de résultats. Vous pouvez même acheter des mots clés de personne, permettant d'afficher une pub bien placée pour vous ou votre activité sur la page de résultats d'une autre personne...
6 - Les outils pour bien référencer ma Marque Personnelle A - Réducteur d'adresses web
Le premier outil que je conseille, c’est le réducteur d’adresses web. Il en existe plusieurs, notamment bit.ly et tinyurl. Outre la réduction de la taille des adresses qu’ils génèrent, ils permettent d’avoir des statistiques sur le nombre de personnes qui ont cliqué, les sites d’où viennent ces personnes, les réutilisations de l’adresses qui sont faites, etc.
Exemple : cette adresse réduite : http://bit.ly/aTlmqP
est en fait l’adresse de cette note : http://www.mamarqueamoi.com/2010/03/marque-personnelle-outils.html
Ensuite, si votre activité est importante, si vous êtes sur plusieurs réseaux, si vous avez beaucoup de connexions, il faut utiliser ce que l’on appelle des « clients », qui vont vous simplifier la vie, en vous proposant par exemple un tableau de bord avec l’ensemble de vos comptes réseaux sociaux (seesmic ou hootsuite), avec un suivi des messages publiées et reçus, des conversations en cours qui vous concernent, un regroupement de vos connexions par thème, etc.
B Les réseaux sociauxLinkedin
C’est un excellent outil d’auto-référencement. Il faut savoir l’utiliser pour qu’il soit très efficace au service de votre marque personnelle.
- Mettez votre nom dans l’adresse URL de votre profil. Vous avez la possibilité de modifier l’adresse générée automatiquement par LinkedIn, quand vous créez votre profil. Regardez ce que cela donne pour moi.
- Publier les présentations powerpoint sur votre profil grâce à Slideshare :
- Vidéos : c’est encore un peu compliqué, si on compare à Facebook, par exemple. Attendons les nouvelles versions.
- Faire remonter son blog sur le profil, grâce à un lien RSS. Il vous faut pour cela utiliser des applications comme bloglink sur Typepad. Les plateformes de blogs ont toutes leurs application dans ce domaine.
- Penser à mettre les adresses de vos sites et blogs sur votre profil. C’est la moindre des choses pour les référencer.
- Vous avez la possibilité de publier des statuts, avec des liens abrégés (voir plus réducteur de liens).
- Créer et manager des groupes, avec des fils de discussions. L’intérêt est de construire de nouveaux réseaux, et d’utiliser ces groupes pour échanger, diffuser de l’information, etc.
- Le moteur de recherche de LinkedIn est très complet. On peut faire des recherches avancées de personnes, entreprises, compétences, concurrents…
C - Facebook
On retrouve, comme sur LinkedIn, la possibilité de mettre son nom dans l’url de son profil. Vous pouvez regarder ce que cela donne sur mon profil Facebook.
- La publications de notes, vidéos, photos est d’une simplicité désarmante… les tags sont possibles : on signale ainsi que telle personne est présente dans telle photo ou citée dans telle note.
- Il est très facile de faire remonter son blog sur son profil, ce qui permet de publier automatiquement ses nouvelles notes auprès de son réseau Facebook.
- On peut mettre ses sites et blogs sur son profil
- On peut publier des statuts, avec des liens abrégés. L’interface est assez attrayante : la photo ou la vidéo accompagnant une note est visible sous le lien.
- Il est très facile également de créer et manager des groupes, des pages «Fan de…» avec des fils de discussions, des événements liés aux groupes. Un outil très puissant pour faire son personal branding, pour agir sur sa notoriété, sous réserve de bien appréhender les limites (on s’inscrit facilement à un événement, mais cela ne veut pas dire qu’on sera présent).
Twitter
Réseau par excellence de l’instantanéité, Twitter offre des fonctionnalités similaires aux autres réseaux, avec le privilège de la réactivité et de l’instantanéité.
Adresse de profil avec son nom. C'est en standard sur Twitter. Voici la mienne.
- Publication avec liens abrégés. C’est ce qui fait sa force. Les liens circulent à grande vitesse.
- Discussion instantanée avec son réseau : elles peuvent être publiques (tout votre réseau y a accès) ou privées (via les direct messages).
- Listes : vous pouvez classer vos connexions par thèmes, et suivre ainsi les statuts publiés par certains membres de votre réseau. Rappel, on n’est pas amis sur twitter au sens de Facebook : on peut suivre quelqu’un qui ne vous suit pas, et inversement.
- Réseaux de pairs : on discute, on se répond et on échange par métier (coachs, consultants, journalistes…) et en abolissant les distances, physiques et relationnels.
- Le moteur de recherche de Twitter permet de suivre ce qui se dit sur un mot clé, un thème, un nom. Ces veilles directes peuvent être sauvegardées et réutilisées plus tard, avec une mise à jour automatique. Voici par exemple le résultat de recherche sur "ma marque à moi"
- Les mots clés insérés dans les statuts, précédé de « # » (hastag), permettent de se rattacher à un thème de discussion en cours et de suivre les échanges en cours dans cette discussion.
Ne vous laissez pas impressionner par ce qu’en disent les médias, qui savent en parler mais ne savent pas l’utiliser. Twitter est le lieu des échanges, des débats, des dialogues, de la génération de trafic. Il faut juste apprendre à l’utiliser.
Illustrations : Philippe Giraud - iconvalley, Laurence Garçon, Twitter/Yiying Lu, Patricia Gallot-Lavallée (ci-dessous), DR


Entièrement d'accord sur Viadeo, cependant, je conseille quand même de s'y inscrire... beaucoup d'utilisateurs de Viadeo ne sont pas sur les autres réseaux.
Par contre, moins certains de l'intérêt des réducteur d'adresse pour cet usage. Parfois, tout au moins pour ma part, je préfère continuer à voir le nom du site, ce que ne permettent pas les réducteurs sauf appli spécifiques.
Rédigé par : Eric Delcroix | 14 mars 2010 à 11:41
Tout à fait ok avec Eric Delcroix.
Viadeo est très répandu en France tandis que Linkedin est un réseau beaucoup plus international.
Et les populations ne sont pas les mêmes. Plus élitsite d'ailleurs sur linkedin !
Jean-Lin Lacapelle
Rédigé par : Jean-Lin Lacapelle | 15 mars 2010 à 14:30
Oui, Viadeo a son intérêt pour certaines professions et activités en France, c'est certain.
LinkedIn est incontestablement plus international, et c'est un "plus" dans pas mal de situations professionnelles. Je le trouve -c'est une opinion personnelle- plus ergonomique de Viadeo (voir la recherche assistée, et son modèle payant apparait trop tôt : la mise en relation est payante, par exemple, alors que ce n'est pas le cas sur LinkedIn.
Rédigé par : Ted et Eux | 15 mars 2010 à 14:44
Depuis que Linkedin est aussi en français, son côté "élitiste" s'estompe rapidement. J'y ai vu arriver ce que je fuyais sur Viadeo (j'ai bien dit "ce" et pas "ceux" pour ne me fâcher avec personne ;-) ). Ce qui risque de faire partir ce qui faisait sa richesse : les CEO, les DRH, les décisionnaires des plus grandes sociétés du monde qui savaient que sur Linkedin ils ne seraient pas importunés mais que toute mise en relation se faisait dans la confiance et le respect. Je croise les doigts pour que certains ne sachent pas l'utiliser et ne viennent pas déséquilibrer ce site très utile :-)
Merci Thierry pour ce papier qui décrit très bien les étapes.
Rédigé par : Sylvie Leroy | 16 mars 2010 à 09:12
C'est un vrai risque, en effet. On peut davantage protéger son profil, cela dit.
Rédigé par : Ted et Eux | 16 mars 2010 à 11:23
merci pour ce billet très instructif
pour moi Facebook conserve encore son caractère ludique, difficile de faire passer des messages plus "professionnels"..
Rédigé par : marie muzard | 17 mars 2010 à 08:01
Facebook a un rôle important pour la diffusion des notes de blogs, comme Twitter, d'ailleurs. L'étanchéité entre les sphères étant difficile à maintenant, je préfère jouer sur les deux tableaux. Mais il y a d'autres postures possibles.
Rédigé par : Ted et Eux | 17 mars 2010 à 08:09
"Qu'est devenu la séparation des classes". Voila ce que m'inspire certains commentaires faits sur le caractère élitiste de Linkedin. Ce point de vue ne me plaît pas du tout, les médias sociaux sont populaires et devraient permettre aux personnes de s'entraider et non les séparer.Je trouve tout à fait normal qu'un fortune 100 puisse être dans le même réseau que le simple employé ou le stagiaire.
Rédigé par : ernesto | 16 avril 2010 à 14:22
Sur le fond, tu as raison. Mais dans la réalité, les différences sont tenaces.
Rédigé par : TdE | 16 avril 2010 à 19:12